Pourquoi vous allez vraiment apprendre à ne rien faire…

11 novembre 2017 Non classé 0 Commentaire

Detendez-vous hamac

Réussir dans la complexité suppose d’inventer en permanence des réponses à des défis inédits. Or, selon les dernières recherches en neurosciences, pas d’inventivité sans  » vide « . Dixit  » Cerveau, la force du vide « , un excellent article de Cerveau & Psycho, que ce post résume et complète.

  1. Nous nous plaignons souvent de notre charge travail, de courir partout, d’avoir quantité de défis à relever, de problèmes à résoudre, de choses à  » gérer « . Et pourtant, paradoxalement, nous remplissons compulsivement le moindre espace de temps libre (à grand renfort de to-do lists !).
  2. Nous ne savons plus ne rien faire : une expérience scientifique montre que nous préférons, au bout de 15 minutes d’inaction seulement, nous infliger des chocs électriques douloureux plutôt que ne rien faire !
  3. Quand nous prenons le temps de rien de faire, notre cerveau passe son temps à vagabonder. En effet, il ne possède pas de mode  » pause « . Il ne se repose jamais, même la nuit.
  4. Le réseau de mode par défaut, association d’aires cérébrales, reste toujours actif : il semblerait que sa fonction soit de laisser les pensées aller et venir.
  5. Loin d’être une perte de temps, ce fonctionnement est au contraire précieux : notre capacité à mobiliser les aires de la créativité est directement lié au vagabondage du cerveau.
  6. En effet la résolution d’un problème est en grande partie déterminée par le processus d’incubation (laisser mûrir la question, le sujet…).
  7. Or c’est pendant les moments de vagabondage qu’émergent de nouvelles idées, que nous réfléchissons à l’avenir, que nous projetons, que nous étudions les différentes options d’une situation…
  8. Les neurosciences démontrent donc que  » La philosophie du rendement est incompatible avec celle de la créativité « .
  9. Conclusion :  » nous ferions peut-être mieux de supporter l’ennui, car il est porteur de promesses féconde, d’idées venues du fond de nous et d’une grande inventivité. « . Donc ménagez-vous des temps de productivité concrète et des temps morts d’inaction pour l’élaboration mentale libre.

Quelques points de vue, retours d’expériences & suggestions que  » valide  » l’article de C&P :

  • Entraînez-vous régulièrement à résister à la compulsion de remplir vos temps libres : pas d’appels téléphoniques ni d’activités sur smartphone pendant un trajet, dans une file d’attente. Connectez-vous vraiment à ce qui vous entoure.
  • Initiez-vous à la méditation, même 3 mn par jour : vous prendrez encore plus conscience du vagabondage mental.
  • Aidez (malgré eux !) vos enfants à s’ennuyer (notamment osez imposer des périodes sans écrans).
  • Spécial managers & dirigeants débordés : pendant une semaine, imposez-vous un stop de 30mn par jour sur votre temps de travail (donc pas pendant les repas). Pendant ces stops, interdiction de faire quoi que ce soit pour le boulot. Observez ce qui se passe, et prenez quelques notes. Faites votre bilan après une semaine, vous risquez d’être très étonné.
  • Arrêtez de  » remplir au chausse-pied  » les ordres du jour de vos réunions & séminaires. Prévoyez vraiment des pauses, même de 5 mn. Chez BF, nous intégrons souvent dans nos séminaires des  » espaces  » pour des promenades.
  • Pour des réunions / ateliers efficaces sur de nouveaux sujets / problèmes, il est plus performant d’alimenter à l’avance les participant(e)s avec des éléments de réflexion. Leur cerveau pourra ainsi vagabonder sur le sujet.
  • Enfin, des salles de pause chaleureuses et accueillantes, qui invitent à la détente ne sont pas un luxe inutile, bien au contraire.

Et vous, comment faites-vous ? Quels sont vos trucs & astuces ?

Merci de votre attention, et bon entraînement !

PS : pour approfondir, l’article complet (payant)